Ce que révèle l’intelligence synthétique
Ayez toujours à l’esprit qu’en soi, l’outil importe peu.
C’est surtout l’usage que nous en faisons qui compte.
L’intelligence artificielle n’invente rien, ni ne crée au sens littéral du terme.
Elle ne fait que tisser à partir de tout ce que nous avons déjà pensé, dit ou écrit.
Elle nous renvoie ce que nous laissons traîner dans le champ commun du langage.
Sa force n’est pas dans l’innovation, mais dans la mise en lumière.
Elle révèle les angles morts, les automatismes, les manques ou les excès de logique.
Elle fonctionne comme un révélateur photographique.
Ce n’est pas elle qui compose l’image, c’est nous qui apparaissons dans son bain.
Pour être utilisée avec efficacité, elle oblige à formuler, à choisir les mots justes.
Donc par extension, elle met à nu nos imprécisions.
Mal poser une question, c’est déjà s’aveugler en empruntant le mauvais chemin.
Bien la poser, c’est parfois entrevoir ce que l’on cherchait ou ce qui devait venir à nous.
Elle ne pense pas à ma place, mais elle me renvoie ce que je n’aurais pas vu seul.
Elle agit comme un outil de clarté, pas comme une béquille.
C’est précisément cette fonction de révélateur que je mobilise dans une lecture Esoluxia.
Elle permet d’explorer systématiquement les structures linguistiques et logiques d’une situation,
pour que mon regard humain puisse ensuite y discerner,
non pas l’opinion de la machine,
mais les schémas révélateurs que nos propres biais nous masquent.
C’est une machine qui ne comprend rien, mais qui paradoxalement fait comprendre.
Pour utiliser une image, je suis l’enquêteur et elle est mon chien policier.
Un chien savant, j’en conviens.
Cette capacité à catalyser nos idées pour en faire des concepts intelligibles est étonnante.
Nous l’avons créée à notre image : vaste, accumulative, contradictoire.
Elle amplifie ce que nous sommes, le meilleur comme le pire.
Elle ne remplace pas la conscience ; elle la provoque.