Ce que révèle l’intelligence synthétique

Pourquoi ai-je décidé de me servir de l’intelligence artificielle ?
Tout d’abord, ayez toujours à l’esprit qu’en soi, l’outil compte peu.
C’est surtout l’usage que nous en faisons qui importe.

L’intelligence artificielle n’invente rien, ni ne crée au sens littéral du terme.
Elle ne fait que tisser à partir de tout ce que nous avons déjà pensé, dit ou écrit.
Elle nous renvoie ce que nous laissons traîner dans le champ commun du langage.

Du prisme avec lequel je la regarde, sa force n’est pas dans l’innovation, mais dans la mise en lumière.
Elle révèle les angles morts, les automatismes, les manques ou les excès de logique.
Elle fonctionne comme un révélateur photographique : ce n’est pas elle qui compose l’image, c’est nous qui apparaissons dans son bain.

Pour être utilisée avec efficacité, elle oblige à formuler, à choisir les mots justes.
Donc, par extension, elle met à nu nos imprécisions.
Mal poser une question, c’est déjà s’aveugler en empruntant le mauvais chemin.
Bien la poser, c’est parfois entrevoir ce que l’on cherchait ou ce qui devait venir à nous.

Elle ne pense pas à ma place, mais elle me renvoie ce que je n’aurais pas vu seul.
Elle agit comme un outil de clarté, pas comme une béquille.
C’est une machine qui ne comprend rien, mais qui, paradoxalement, fait comprendre.

Pour utiliser une image, je suis l’enquêteur et elle est mon chien policier.
Un chien savant, j’en conviens.
Cette capacité à catalyser nos idées pour les sublimer et en faire des concepts intelligibles m’étonnera toujours.

Nous l’avons créée à notre image : vaste, accumulative, contradictoire.
Elle amplifie ce que nous sommes, le meilleur comme le pire.
Elle ne remplace pas la conscience ; elle la provoque.