Le mensonge.
Un célèbre philosophe disait que l’on avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l’on boit à goutte à goutte une vérité qui nous est amère.
Le mensonge commence souvent par la voie de la préférence tranquille.
Celle que l’on tolère pour soi, plutôt que celle de la morsure du vrai.
Cela naît du refus de voir, du désir de préserver une image, une cohérence, une paix artificielle, un conformisme aussi.
Cela promet une continuité douce, sans heurts.
Le maintien dans la chaleur du connu, dans cette illusion que tout est encore sous contrôle.
Mais à chaque fois que l’on renforce ce décor, on s’éloigne un peu plus de soi.
Ment… songe.
Le mot se fend et dévoile sa mécanique.
Le mensonge est un songe qui ment, un rêve que l’on protège contre le réel, une fiction intérieure que l’on défend pour ne pas affronter ce qui est.
Mentir vient de mentiri, formé sur mens, « l’esprit ».
Songer vient de somnium, « le rêve », dérivé de somnus, « le sommeil ».
Autrement dit : l’esprit et le sommeil.
C’est pourquoi le mensonge, par analogie, est et agit comme un somnifère de l'esprit.
Il remplace le réel par un songe acceptable.
C’est une nuit administrée à soi-même pour éviter la brûlure du vrai.
C'est un choix de confort qui peut finir en système de pensée.
Seulement, le confort est ce qu’il est, mais il n’est pas la paix.
Et souvenez-vous que si le mensonge prend l’ascenseur,
la vérité elle, finira toujours par prendre l’escalier.